Skip links

Animateur·rice

"Le but de mon métier ? Aider les enfants à se frayer un chemin dans la vie"

Le hasard des rencontres est à l’origine de bien des bouleversements de vie. Pour Dominique Pierard, l’une d’elles va lui valoir une révélation. Les activités artistiques qu’il pratique comme loisirs depuis tant d’année va se révéler être compatible au domaine social dans lequel il souhaite intervenir. L’animateur socioculturel artistique nous livre son témoignage rebondissant qui laisse croire que la vie est bien faite.

Avec son parcours éclectique, Dominique Pierard nous témoigne de ce que la vie impose parfois comme une évidence. De cours du soir à la réalisation de soi-même, il y a une rencontre et de la persévérance. Aujourd’hui, cet acteur du secteur social offre un espace d’expression, d’imagination et de création aux enfants d’une école de devoirs en tant qu’animateur socioculturel artistique. Métier méconnu mais présent dans de nombreuses associations dont le rôle ne se limite pas à la création artistique mais aussi à celle d’un lien de confiance entre animateur.rice et enfants.

Un CV original

A 54 ans, l’animateur socioculturel artistique a emprunté plusieurs voies professionnelles avant de trouver celle dans laquelle il s’épanouit aujourd’hui.
Mon parcours est assez éclectique dans la mesure où, je viens d’un tout autre domaine puisqu’à la base j’ai fait des études artistiques. A la base, je suis graphiste et j’ai travaillé pour la compagnie aérienne belge Sabena quand elle existait encore. [Rires] J’ai d’abord été engagé comme bagagiste puis très vite je suis arrivé au service informatique de la centrale. J’étais alors assistant administratif. Suite à une grosse restructuration, j’ai perdu mon poste. Durant mon chômage, j’ai fait des formations en création de pages web car j’écrivais beaucoup de chroniques musicales et l’idée était de me créer un site internet pour publier mes propres textes.

L’art a toujours fait partie des centres d’intérêt de Dominique Pierard. A travers la musique donc mais aussi le dessin qu’il pratique depuis l’enfance. “Je me suis inscrit à des cours du soir en dessin, en bandes dessinées et en gravure car ça me manquait. À l’occasion de ces derniers, j’ai rencontré un couple de participants qui étaient professeurs de citoyenneté et animateurs musicaux. Ils m’ont proposé de les accompagner sur un spectacle qu’ils organisaient avec des enfants à Jette. Je les ai aidés à l’élaboration de ce spectacle. Mon rôle était de mener des ateliers de dessin car en parallèle de la représentation, les enfants dessinaient, entre autres, le décor.” Deux classes portaient le projet : une ordinaire et une pour enfants avec un retard scolaire.

Lier le social et l’artistique

Pour Dominique Pierard, ce fut une révélation : il est donc possible de lier l’artistique et le social : “Le fait de faire collaborer des enfants avec un retard avec ceux du milieu ordinaire a créé une sorte d’alchimie, une aventure pour tout le monde, autant pour les enfants, que les enseignants, les animateurs… Quelque chose s’est passée. J’ai trouvé cela intéressant et porteur. J’ai découvert des enfants avec une sensibilité particulière, une autre façon de faire et une appréhension des outils et des matières différentes.

Cette prise de conscience a fait mûrir une remise en question de ses projets professionnels : “J’ai trouvé une affinité avec ce genre d’expérience et une certaine vocation que je ne soupçonnais pas dans l’animation avec les enfants. Je suis ensuite intervenu en tant que bénévole dans un centre d’expression créative à Rixensart, le Tilt.”

Expérience qui ne fait que confirmer son désir de réorientation de carrière qui mènera Dominique Pierard à suivre une formation de guidance recherche active d’emploi, le GRAE, chez Actiris. Ce cursus consiste à redéfinir le projet professionnel avec l’appui d’un coach : “Je suis sorti de là reboosté avec un profil qui me tenait à cœur et que j’avais envie de défendre. Suite à cela, j’ai continué mon bénévolat au sein de Tilt et je regardais en parallèle les annonces d’emploi.

Mais toutes comportent la même ligne qui empêche Dominique de postuler “Posséder un diplôme d’animateur.” Cependant, comme dit l’adage, Tout vient à point, à qui sait attendre et à force de recherches, il trouve une annonce sur le Céméa à propos d’une formation d’animateur socio-culturel : “J’ai sauté sur l’opportunité. Je me suis dit que c’était une chance que je ne pouvais pas manquer. J’ai donc suivi cette formation de 6 mois à l’issue de laquelle j’ai été officiellement reconnu en tant qu’animateur socioculturel par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Grâce à cela, j’ai postulé à l’école de devoirs dans laquelle je travaille depuis deux ans à mi-temps.

Pas de routine

L’école de devoirs accueille des enfants entre 6 et 10 ans à partir de 15h30 jusque 18h. A partir de 16h10, deux groupes sont formés : celles.eux qui ont des devoirs et celles.eux qui n’en ont pas. Pour ce second groupe, l’animateur leur propose des activités tels que de la construction, du dessin, du collage… : “Le mercredi, il n’y a pas de devoirs. Ce ne sont que des animations en intérieur, en extérieur ou alors des visites de musées. A ce moment-là, on peut faire des jeux de sociétés, des ateliers crêpes ou gâteaux. Tout dépend du nombre d’enfants qui sont présents.

Toutes les animations sont discutées en amont au sein de l’équipe composée de quatre animateur.rice.s et le maître mot est “éviter l’ennui” : “On essaie de diversifier pour ne pas ennuyer les enfants. Si on commence à faire plusieurs fois les mêmes activités avec les mêmes enfants, on va très vite voir une démotivation de leur part. Ils ont une bonne mémoire, alors il faut être imaginatif, créatif… et pour cela, la diversité des profils des animateurs qui composent l’équipe est essentielle. Par exemple, un est spécialiste en jeux de société et peut ainsi en proposer des différents, des adaptés… Tout au long de l’année.

De la patience et de l’écoute : deux qualités essentielles

La créativité est, comme on peut s’en douter, l’une des qualités essentielles à posséder pour ce genre de métier. D’autant plus quand les activités doivent s’adapter à des tailles de groupes changeantes d’un jour à l’autre : “Ce qui peut être compliqué c’est que les mêmes enfants ne viennent pas tous les jours, donc un jour on peut se retrouver avec peu d’enfants et le lendemain avec le double, il faut donc savoir s’adapter tant au nombre qu’au niveau scolaire.

Pour permettre à l’enfant de s’exprimer au travers des activités artistiques, son bien-être est primordial. En cela, assurer la sécurité physique, psychologique et affective est indispensable au bon déroulement des séances : “Il faut garder à l’esprit que l’enfant doit se sentir à l’aise. Cela est primordial dans la garantie d’un espace créatif où il puisse s’exprimer.

Et pour cela, il faut faire preuve d’une autre qualité, elle aussi centrale : la patience : “ On est là au service des enfants. Le but est de les aider à se frayer un chemin dans la vie comme les parents aident leurs propres enfants. Il faut avoir envie de transmettre quelque chose, des valeurs, donner de soi-même sans attendre de recevoir autant. Cela permet de créer un lien.”

Cela va de pair avec une autre qualité : la capacité d’observation et d’écoute. Certain.e.s viennent avec des problèmes familiaux ou scolaires, ne vont pas forcément en parler mais vont exprimer leur mal-être par des comportements agressifs ou un vocabulaire vulgaire. Il est important de déceler ces signaux afin de prendre en charge l’enfant, comprendre ce qu’il.elle traverse pour pouvoir lui apporter du soutien.

Un acteur à part entière dans le secteur social

L’animateur socioculturel artistique fait donc partie intégrante de la vie des enfants dont il a la charge. Les activités artistiques et récréatives sont aussi le lieu de création de liens de confiance permettant la confidence : “Et de savoir vivre ensemble. C’est un des aspects sur lequel on mise beaucoup.

Il faut cependant faire attention à ne pas trop se dévoiler au risque que les points faibles révélés soient retournés contre l’animateur.rice. Car oui bien sûr, il faut parfois faire preuve d’autorité pour faire respecter le cadre et les règles de l’école que les enfants testent et tentent de repousser. Une situation qui peut être difficile pour Dominique Pierard : “ Il faut faire preuve d’une autorité bienveillante. Personnellement, je suis pour l’ordre et le respect des consignes mais quand ça déborde et que je dois remettre l’enfant à sa place, je n’aime pas ça, ça me dépasse.

Mais ce point noir n’entache en rien l’enthousiasme de l’animateur qui sans doute aucun, a trouvé sa voie : “ J’aime transmettre mon amour pour le côté créatif, pour le côté artistique. J’aime vraiment mon métier car après avoir fait des jobs alimentaires, je me trouve en adéquation avec ce que je fais maintenant. J’ai vraiment eu de la chance de pouvoir me reconvertir. A force de circonstances, j’ai réussi à trouver ma voie. J’ai donné de moi pour que ça réussisse et je suis très content du résultat. A travers cela, j’ai appris qu’il faut rester soi-même et aller au bout de ses envies.

Une belle expérience de vie.

 

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience Web.